Les « Nez » d’Atmo

Les Nez d'Atmo Les Nez d'Atmo
09/01/2017 à 15:48

La plupart des odeurs sont détectées par notre nez à des niveaux très faibles. Odeur de soufre, odeur de brûlé, … comment faire la différence ? Atmo Picardie propose aux professionnels comme aux habitants une formation pour reconnaître les odeurs et les différencier. Emmanuel Escat, responsable du projet et les nouveaux « nez » formés d’Atmo, Cécile Ramon, Peggy Desmettres et Timothée Valbonesi, nous expliquent en quoi ça consiste.

Pourquoi Atmo Picardie a mis en place cette formation ?

Emmanuel Escat : Nous recevons régulièrement des signalements de riverains concernant les odeurs alors que l’indice de la qualité de l’air est bon. En 2007, à la demande d’Amiens Métropole et pour appréhender cette problématique, Atmo Picardie a mis en place un réseau de veille olfactive. Une formation de « nez » a été proposée aux habitants volontaires afin de les aider à détecter, à décrire et à identifier les pollutions olfactives sur le territoire amiénois. Les industriels ont également formé du personnel afin d’acquérir des compétences internes et ainsi, pouvoir échanger avec nos experts. Le réseau « Les Nez Amiénois », qui compte aujourd’hui une quarantaine de membres, vise à surveiller objectivement et précisément les odeurs pour améliorer le bien-être des riverains.

Pourquoi avoir suivi cette formation ?

Cécile Ramon : Je suis chargée d’études de la qualité de l’air et conseillère médicale en environnement intérieur. J’enquête au domicile des personnes qui en font la demande – par le biais d'un médecin, et sur prescription de celui-ci – je réalise des prélèvements (poussières, moisissures,…) et des mesures d'allergènes, et établis un diagnostic permettant ensuite de mettre en œuvre des mesures pour l'éviction des polluants domestiques. Cette formation me permet d’interpréter le ressenti des personnes exposées aux nuisances olfactives.

Timothée Valbonesi : Je suis chargé d’études qualité de l’air. L’expertise des odeurs m’était inconnue, j’ai eu envie de la découvrir, d’apprendre de nouvelles choses et cela m’apporte une valeur ajoutée en matière de formation.

Peggy Desmettres : En tant qu’ingénieur d’études qualité de l’air, je souhaitais compléter les actions mises à la disposition du public. Je trouve la problématique des pollutions olfactives intéressante car elle permet d’impliquer les citoyens à la question de la qualité de leur air.

Tout le monde peut-il devenir nez ?

T.V. : Cette formation est accessible à tous. Etre « nez » ne nécessite pas de sens surdéveloppé. Tout est une question de pratique et de connaissances. Mais en ce qui concerne la détection de l’intensité des odeurs, cela dépend de la sensibilité personnelle.

P.D. : C’est un entrainement, le but étant de nous habituer à ressentir et identifier certains types de molécules. Nous disposons pour cela d’une boite contenant 32 molécules, disponibles dans différentes intensités.

Comment peut-on signaler une odeur ?

C.R. : Toute personne peut signaler une pollution olfactive par le biais du site internet ODO Grand Public, destiné aux riverains. Le site est décliné en application, disponible sur Apple Store et Google Play. Il existe également une version pour les nez formés : ODO PRO. Disponible actuellement en Picardie, Normandie et Île-de-France, ODO tend à s’étendre vers d’autres régions.

E.E : Pour les guider dans leur description, les utilisateurs d’ODO Grand Public ont la possibilité de détailler la nuisance olfactive : par ce qu’elle leur évoque (gaz d’échappement, œuf pourri, odeur de bitume, etc...), en terme d’intensité (faible, forte, très forte) ou encore par le ressenti (gênant, très gênant, etc…). Tous les signalements enregistrés dans ODO sont géolocalisés afin de dresser la cartographie quotidienne des nuisances déclarées et de permettre une interprétation précise des informations recueillies.

Comment sont traités les signalements ?

E.E : Nous recevons les signalements sur la plateforme ODO par le biais du Grand Public ou des nez de la région. Les signalements sont vérifiés puis analysés afin de faire ressortir des indicateurs spécifiques à la zone géographique.

T.V. : Une fois l’odeur identifiée, il nous est possible de remonter jusqu’à l’émetteur. Pour cela, nous prenons en compte la météo, car le vent est le principal facteur de dispersion des odeurs. Grâce au réseau de « nez » et aux signalements des particuliers nous pouvons remonter jusqu’à la source, nous alertons alors les acteurs locaux (industriels, collectivité) du phénomène observé.

P.D : Lors d’un épisode odorant, le système ODO tient informés en temps réel les acteurs locaux, des odeurs perçues par l’intermédiaire d’une newsletter. Ce fonctionnement participatif et réactif permet de disposer de plus d’indications sur un nuage odorant, sur son parcours, et sur sa source.

Existe-t-il une réglementation sur des odeurs ?

E.E. : La pollution odorante ne fait pas l’objet de textes réglementaires au niveau européen ou international. La réglementation en matière de nuisances olfactives dans l’environnement est par conséquent nationale et/ou locale. La loi du 2 août 1961, Art 1er prévoit que : « Les établissements industriels, commerciaux, artisanaux ou agricoles devront être construits, exploités ou utilisés de manière notamment à éviter les pollutions de l’atmosphère et les odeurs qui incommodent la population. ».

 

Site ODO Grand Public


Vidéo de présentation Application ODO