L'air et la santé : le BPCO

Quel impact a la pollution sur les exacerbations de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) dans la Somme ? Quel impact a la pollution sur les exacerbations de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) dans la Somme ?
02/10/2017 à 11:53
Quel impact a la pollution sur les exacerbations de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) dans la Somme ?

C'est l'étude que mènent ensemble le CHU Amiens-Picardie et Atmo Hauts-de-France, l'Observatoire Régional de l'Air. Ce partenariat de recherche Air/Santé consiste à trouver une corrélation entre les pics d'hospitalisations ou de consultations pour la BPCO et les pics de pollution de l'air.

La BPCO, de quoi s'agit-il ?

La BPCO est une maladie pulmonaire inflammatoire des bronches. La gêne respiratoire est due à une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. Sous l’effet de toxiques comme le tabac principalement, mais aussi les polluants de l’air ou les aéro-contaminants professionnels, une inflammation se développe au niveau de la paroi des bronches, dont le calibre se réduit. Elles s’épaississent et fabriquent davantage de mucus. Les alvéoles qui assurent les échanges gazeux sont détruites (emphysème) et l’élasticité du tissu pulmonaire est altérée.

Les manifestations cliniques

La broncho-pneumopathie chronique obstructive apparait progressivement et se manifeste par un essoufflement, une toux matinale et des expectorations (crachats). Aux stades évolués, les malades peinent à réaliser leurs occupations quotidiennes (insuffisance respiratoire).

La BPCO en chiffres

En France, la BPCO touche environ 1.7 million de personnes. Elle est la 1ère cause de mortalité par maladie respiratoire non cancéreuse et la 3ème cause de décès due au tabac après les cancers bronchiques et les maladies cardiovasculaires.
Le taux de mortalité due à la BPCO est de 9,2%. Elle est au 1er rang des dépenses de santé (coût annuel de 6 100€/malade), en raison d'une surconsommation d'antibiotiques et d'absentéisme.

Dans les Hauts-de-France, le taux d'hospitalisation et de mortalité lié à la BPCO est supérieur de 20% à la moyenne nationale.

Plusieurs études dans différents pays ont montré un lien potentiel entre la qualité de l’air et la BPCO. Le service de pneumologie et de réanimation respiratoire du CHU Amiens-Picardie a lancé un programme de recherche au vu des niveaux de pollution en région et des données cliniques de la BPCO en Hauts-de-France.
Plus précisément, l'étude vise à rechercher une corrélation entre les pics de consultations aux urgences et/ou d'hospitalisations pour cause d'exacerbation de la BPCO et les variations des concentrations de polluants dans l'air, pendant et hors épisode de pollution.

Déroulement de l’étude

Cette recherche se déroule auprès de tous les patients BPCO volontaires se présentant aux Urgences du CHU Amiens Picardie et à la clinique de l'Europe, pour majoration de leurs symptômes respiratoires, du 1er janvier au 31 décembre 2017.
De son côté, Atmo Hauts-de-France collecte des données sur les concentrations journalières en particules PM10 (inférieures à 10 micromètres) et PM2.5  (inférieures à 2.5 micromètres), en dioxyde d'azote, en ozone, en pollens et en nuisances olfactives.
Dès 2018, les concentrations journalières de plusieurs polluants seront modélisées sur l'agglomération amiénoise aux adresses de 20 patients (domicile et travail), en préservant leur anonymat.

Perspectives

Si une corrélation est retrouvée entre les symptômes d'exacerbation de la BPCO et la pollution atmosphérique, elle pourrait faciliter une prise de décision des pouvoirs publics, la mise en place de mesures préventives individuelles et générales et in fine, un bénéfice sanitaire pour les patients.

 

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