COP 24 : Atmo Hauts-de-France et la Région Hauts-de-France présents à Katowice

COP 24 : Atmo Hauts-de-France et la Région Hauts-de-France présents à Katowice COP 24 : Atmo Hauts-de-France et la Région Hauts-de-France présents à Katowice
20/12/2018 à 11:14
La 24ème édition de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 24) vient de se clore à Katowice, en Pologne. En marge des échanges des 184 pays sur les mesures concrètes à adopter pour appliquer l’Accord de Paris, Atmo Hauts-de-France présentait avec la Région Hauts-de-France, l’accompagnement proposé aux collectivités pour la qualité de l’air.

La COP 24 : quels objectifs ?

Pour cette 24ème édition, l’objectif principal était d’adopter les directives d’application de l’Accord de Paris sur le changement climatique, ratifié par 184 Etats. Il s’agissait donc d’exploiter la totalité du potentiel de l’Accord de Paris, notamment en intensifiant l'action climatique afin d'atteindre l'objectif central de l'Accord : maintenir la température moyenne mondiale aussi près que possible de 1,5°C, comme le préconise le rapport du GIEC.

Concrètement, l’application intégrale de l'Accord de Paris signifie que des mesures pratiques doivent être débloquées pour :

  • S’adapter aux effets du changement climatique ;
  • Réduire de manière ambitieuse les émissions de gaz à effet de serre ;
  • Mettre en œuvre de solides instruments pour soutenir les pays en développement, sous la forme d'une coopération technologique, d'un renforcement des capacités et, surtout, d'un soutien financier

Précédemment, l’ONU avait tiré, une nouvelle fois, la sonnette d’alarme. Pour garder la hausse du mercure en-deçà de 2 °C, les Etats devront tripler le niveau global de leur engagement d'ici 2030, par rapport aux promesses faites en 2015 à la conférence climat de Paris (COP21). (Source France info)
Les représentants des 196 pays présents ont adopté les règles de mise en œuvre de l’accord de Paris (dont les modalités de suivi des actions nationales) sans toutefois parvenir à s’accorder sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (article 6 de l’accord).

Atmo Hauts-de-France et la Région Hauts-de-France présents à la COP 24

Atmo Hauts de France a participé aux événements en marge de la COP24, à Katowice, avec la Région Hauts-de-France. L’occasion de valoriser également les actions menées avec les collectivités en Hauts-de-France et les coopérations internationales.

Lucas Bastien, ingénieur d’études à Atmo Hauts-de-France a assisté au Side event, aux côtés de Frédéric Nihous, Conseiller régional des Hauts de France, pour présenter les politiques publiques urbaines et régionales menées en faveur du changement climatique en région. Lucas a pu illustrer ses propos par des exemples de projets réalisés avec les collectivités ainsi que les partenariats internationaux, auxquels Atmo participe.

Lucas Bastien présente des exemples de coopérations internationales - COP24 Katowice, Pologne

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© Elodie Denizart

En savoir plus : la revue de presse spécialisée

La COP 24 vue par Futura Sciences (extraits de différents articles)

Les catastrophes climatiques se multiplient. Les appels d'urgence aussi. Les experts sont d'accord, unanimement. Contre le réchauffement climatique, il faut faire plus et plus vite. Pourtant, à l'occasion de la COP24, la communauté internationale n'est pas parvenue à aller au-delà de l'accord de Paris.

Il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) tiraient la sonnette d'alarme : dans un monde à +2 °C -- qui est l'objectif minimal du pacte climatique de 2015 --, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde qui subirait un réchauffement de 1,5 °C, qui est la limite idéale de l'accord. Mais pour rester sous +1,5 °C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50 % d'ici 2030 par rapport à 2010, alors que les engagements actuels des États annoncent un monde à +3 °C avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations, etc.

Face à ce coup de semonce, nombre de délégations, en particulier les vulnérables États insulaires, espéraient que, pour cette 24e Conférence climat de l'ONU (COP24), les pays promettent de relever d'ici 2020 leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre. Mais, dans un contexte géopolitique peu propice, les États se sont surtout appliqués à boucler les règles qui permettront d'appliquer l'accord.

Préparé depuis trois ans et donnant lieu, durant ces 14 derniers jours, à des négociations tendues, ce « mode d'emploi » d'une centaine de pages fixe notamment les modalités de suivi des actions nationales. Une flexibilité a été accordée aux pays en développement. « Dans les circonstances actuelles, continuer à construire notre bâtiment est déjà une réussite », a déclaré Teresa Ribera, la ministre espagnole de l'Environnement, même si elle aurait aimé des « messages beaucoup plus forts ».
Les États « ont fait des progrès, mais ce que nous avons vu en Pologne, c'est un manque fondamental de compréhension de la crise actuelle », estime, de son côté, Manuel Pulgar-Vidal, du WWF, rappelant que le Giec donne seulement 12 ans pour agir. « Ce manque de réponse au rapport du Giec, c'est choquant », ajoute Jennifer Morgan, de Greenpeace. La décision finale de la COP se limite, de fait, à « répéter la demande de mise à jour » des engagements d'ici 2020, déjà formulée dans l'accord de Paris. Elle « insiste sur l'urgence d'une ambition accrue », sans calendrier. (source Futura Sciences)

Un contexte tendu

Une passe d'armes sur la reconnaissance ou non des conclusions du Giec avait déjà donné le ton en milieu de COP : États-Unis, Arabie Saoudite et Russie refusant la mention « accueille favorablement » dans la décision finale. Sortis de l'accord de Paris, mais pour l'instant toujours dedans, les États-Unis ont vivement défendu leurs positions traditionnelles. Face au « vide » laissé par le futur départ américain, « la Chine est passée à la vitesse supérieure », a déclaré à l'AFP Catherine McKenna, la ministre canadienne de l'Environnement, estimant que les Chinois avaient fait preuve de « flexibilité ».

Le financement des politiques climatiques est l'autre préoccupation des pays pauvres, notamment la manière dont va s'organiser la montée des fonds promis par le nord à partir de 2025. Alors que les pays du Nord ont promis de passer leur aide climat à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020, quelques pays comme l'Allemagne ont annoncé de nouvelles contributions, notamment au Fonds vert. Et la Banque mondiale a promis 200 milliards de dollars pour la période 2021-2025. « Mais il est clair qu'il faudra aller au-delà et faire davantage d'annonces concrètes pour convaincre les pays en développement qu'ils seront soutenus dans leurs efforts pour la transition bas carbone », souligne David Levaï, de l'Institut des relations internationales (Iddri).

Plus inattendu : les règles des mécanismes d'échange de quotas d'émissions carbone ont bloqué pendant des heures, samedi, la conclusion des travaux, le Brésil menant la contestation. Le cœur de ce sujet très technique, mais qui doit empêcher que des réductions d'émissions soient comptées deux fois, a été retiré du texte adopté. De quoi indigner vivement un observateur vétéran des négociations : « Cette conférence a été retardée par le Brésil alors qu'elle aurait dû l'être par les petites îles ! C'est tragique ». Mais comme le soulignait, fataliste, Frank Bainimarama, le Premier ministre fidjien et président de la COP23, son île de moins d'un million d'habitants ne peut « pas menacer ou forcer qui que ce soit à faire ce que l'on veut ».

La COP 24 vue par Actu Environnement (extraits de différents articles)

La COP 24 s'est achevée avec l'adoption de règles de mise en œuvre de l'Accord de Paris. Mais le chemin s'annonce encore long : elles devront encore être précisées au fur et à mesure de leur application.

Samedi 15 décembre s'est achevée la 24ème conférence des parties (COP 24) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc). Avec 24 heures de retard, les représentants des 196 Etats réunis à Katowice (Pologne) ont adopté des règles de mise en œuvre (le rulebook) de l'Accord de Paris. L'objectif initial n'est toutefois que partiellement rempli : les délégués ne se sont pas accordés sur la mise en œuvre de l'article 6 de l'Accord, qui prévoit que les Etats puissent atteindre leur objectif de réduction des émissions en coopérant entre eux. Surtout, les règles adoptées à Katowice devront être progressivement renforcées.

Dorénavant, les Etats devront s'attacher à revoir à la hausse l'ambition de leurs engagements. En l'état, l'effort global consenti par les 184 parties ayant ratifié l'Accord de Paris est largement insuffisant. Au rythme actuel, les émissions mondiales de CO2 suivent une trajectoire conduisant à une hausse de 3,2°C d'ici à 2100 par rapport à l'époque préindustrielle. L'Accord de Paris adopté en 2015 fixe pour objectif de limiter cette hausse sous 2°C, voire à 1,5°C. Les attentes se tournent donc vers le sommet spécial sur le climat convoqué par le secrétaire général des Nations unies en septembre 2019, puis vers la COP 25 qui se déroulera au Chili en décembre 2019.

Evaluer les règles de transparence d'ici 2028

Définir les conditions de mise en œuvre de l'Accord de Paris était l'objectif prioritaire de la COP 24. La tache a été particulièrement difficile. La COP a dû débuter avec une journée d'avance et s'achever avec une journée de retard. Dans la dernière ligne droite, la présidence polonaise a organisé une réunion à une même table des ministres assistés d'un petit nombre de conseillers. Prénommée Sejmik, en référence au Parlement polonais, cette réunion a eu pour objectif de trancher les derniers différents.

Finalement, la COP a débouché sur un document de 130 pages contenant toute une série de mesures cadrant l'application de l'Accord. Il s'agit d'un "ensemble de directives solides", estime le secrétariat de la Ccnucc. Le texte fixe notamment des règles concernant les engagements des Etats en matière d'atténuation et d'adaptation, et concernant le soutien financier à la lutte contre les changements climatiques dans les pays en développement. Sur ce dernier point, il prévoit de définir de nouveaux objectifs à partir de 2025, en partant de l'objectif actuel de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. De même, l'accord cadre le bilan mondial de la lutte contre les changements climatiques qui doit être réalisé en 2023.

Ce rulebook prévoit une bonne dose de flexibilité pour tenir compte des capacités des différents pays à mener des réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Il rappelle notamment que la remise d'un engagement national se fait sur une base volontaire et au rythme approprié à chaque pays. Le premier rapport national sur la mise en œuvre des NDC, qui doit assurer le respect des engagements en toute transparence, devra être remis par les Etats au plus tard fin 2024. L'ensemble des règles de transparence adoptées à Katowice feront ensuite l'objet d'une évaluation d'ici fin 2028. Le travail s'annonce encore long. Il faudra par exemple attendre 2031 pour que soient harmonisées les échéances inscrites dans les engagements des Etats (les Nationally Determined Contributions (NDC)). Actuellement, les NDC prévoient des objectifs d'atténuation à des dates comprises principalement entre 2025 et 2030.

Le Brésil mène la fronde

Le principal échec de la conférence polonaise concerne l'application de l'article 6 de l'Accord qui permet aux Etats d'atteindre leur objectif de réduction des émissions de GES via des dispositifs de marché permettant l'échange de crédits carbone. Ce type de mécanisme est délicat à mettre en œuvre car il recèle un risque important de double comptabilité qui permettrait au pays vendeur et au pays acheteur de se prévaloir tous deux de la réduction des émissions. Sur ce dossier, les pays forestiers sont en première ligne puisqu'ils disposent d'importants puits de carbone qu'ils pourraient monnayer. "La plus grande majorité des pays étaient disposés à accepter et à inclure les directives pour rendre les mécanismes de marché opérationnels", explique le secrétariat de la Ccnucc. Mais le blocage est venu du Brésil, l'un des principaux pays forestiers, rapportent de nombreuses sources. La veille de l'ouverture des négociations en Pologne, le Brésil s'était déjà défavorablement fait remarquer en renonçant à organiser la COP 25 qu'il s'était précédemment engagé à organiser du 11 au 22 novembre 2019.

La COP 24 était aussi la première rencontre diplomatique sur le climat depuis la parution du rapport spécial du Giec sur l'objectif de stabilisation de la hausse des températures à 1,5°C. Finalement, la COP lui réserve un accueil a minima. Elle "accueille favorablement" son achèvement dans les délais prévus, mais se borne à "inviter" les Etats à en tenir compte lors de leurs prochaines discussions. La COP demande aussi à son organe subsidiaire, en charge des questions scientifiques et technologiques, de l'examiner lors de sa prochaine réunion en juin prochain. En l'occurrence, le rapport du Giec a déjà été au cœur des discussions tenues lors de la première semaine dans le cadre de cet organe subsidiaire… (source Actu Environnement)