Pic de pollution de l’air et pics d’hospitalisation à Amiens : un lien avéré

Pic de pollution de l’air et pics d’hospitalisation à Amiens : un lien avéré © CHU Amiens Picardie Pic de pollution de l’air et pics d’hospitalisation à Amiens : un lien avéré © CHU Amiens Picardie
26/02/2019 à 16:30
Le CHU Amiens-Picardie et Atmo Hauts-de-France publient les résultats de leur étude PolluBPCO. Ils démontrent la corrélation entre les pics de consultations aux urgences dues à la Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) et la qualité de l’air dans l’agglomération d’Amiens Métropole.

La BPCO, une maladie pulmonaire particulièrement présente dans la région

La BPCO ou Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive est une maladie pulmonaire qui sous l'effet de toxiques (tabac, polluants de l'air...) peut s'aggraver et provoquer une augmentation de l'inflammation de la paroi des bronches. En France, la BPCO touche environ 1,7 million de personnes et dans les Hauts-de-France, le taux d'hospitalisation et de mortalité lié à cette maladie est supérieur de 20% à la moyenne nationale.
Compte-tenu de ces données régionales et au vu des niveaux de pollution et des données cliniques de la BPCO en Hauts-de-France, les services de pneumologie et de réanimation respiratoire du CHU Amiens-Picardie ont lancé un programme de recherche en partenariat avec Atmo Hauts-de-France.

schema PolluBPCO

Schéma Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive © Hôpital privé Claival

Déroulement de l’étude

Pour cette étude, menée du 1er janvier au 31 décembre 2017, Atmo Hauts-de-France a mis à disposition du CHU Amiens-Picardie les résultats de la surveillance de la qualité de l’air de la métropole amiénoise (mesures des polluants, historique des épisodes, etc.). Les mesures utilisées proviennent des trois sites de surveillance de l’agglomération, située à Salouël (rue Anatole France) et Amiens (parc Saint-Pierre et rue du 14 juillet). Les mesures de particules (inférieures à 10 et 2.5 micromètres), de dioxyde d’azote et d’ozone, ainsi que les résultats des comptes de pollens et des nuisances olfactives ont été inclus dans l’étude.

Toutes les consultations dues aux exacerbations de BPCO diagnostiquées aux urgences du CHU Amiens-Picardie et de la Clinique de l’Europe à Amiens ont été prises en compte, qu’elles aient nécessité ou non une hospitalisation. Au total, 168 patients ont été intégrés à l’étude, correspondants aux 240 consultations aux urgences pour exacerbations de BPCO enregistrées pendant cette période. Des patients ont pu être inclus à chaque épisode d’exacerbation et donc à plusieurs reprises.

station amiens st pierre a

Station de mesures de la qualité de l'air situé à Amiens (parc Saint-Pierre) © Atmo Hauts-de-France

Les résultats de l’étude

L’étude démontre une corrélation entre les épisodes de pollution de l’air et les problèmes pulmonaires que certains malades peuvent ressentir.
Durant les épisodes de pollution occasionnés par les particules PM10 (inférieures à 10 micromètres) en janvier et février, trois pics de consultations de patients atteints de BPCO ont été observés. Le taux moyen d’hospitalisation a, quant à lui, été plus élevé qu’à la normale. Ces pics de consultations ont eu lieu en général entre 3 et 5 jours après le début du pic de pollution. Cette période correspond également à l’épidémie de grippe.
A l’inverse, durant la période de juin à septembre, il n’a été constaté aucun pic de pollution aux particules PM10 et aucun pic d’exacerbations de BPCO.
Le pic d’ozone de fin juin (période de canicule) correspond également à un pic de consultation pour exacerbations.
Même si les épisodes de pollution n’expliquent pas, à eux seuls, l’augmentation des consultations aux urgences pour cause d’exacerbation de la BPCO, leur rôle est clairement établi par les résultats de cette étude.

 

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© CHU Amiens Picardie

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