BEPoPi (avec le CHU d'Amiens)

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BEPoPi en bref

BEPoPi : BPCO Exacerbation Pollution Picardie

L’étude BEPoPi vise à évaluer le lien entre la pollution atmosphérique et les exacerbations de Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive dans l’agglomération amiénoise. Il est mené en partenariat par le CHU d’Amiens Picardie et Atmo Hauts-de-France, avec le concours de la Clinique de l’Europe.

Ce projet a démarré en 2020, dans la continuité directe de l’étude PolluBPCO (2017-2018). Celle-ci avait mis en évidence un lien entre les concentrations plus élevées des particules (PM10 et PM2.5), du dioxyde d’azote et de l’ozone, et une augmentation des consultations aux urgences pour cause d’exacerbation de la BPCO. En hiver, les pics de consultations avaient eu lieu entre 3 et 5 jours après le début de l’épisode de pollution aux particules PM10 et en lien également avec la grippe. En été, la canicule avait eu une incidence sur le pic de consultations observé, concomitant à un pic d’ozone.

Le CHU Amiens-Picardie et Atmo Hauts-de-France ont poursuivi leurs travaux en 2020 pour compléter ces résultats, avec le même objectif d’évaluer l’impact de la pollution atmosphérique sur les patients atteints de Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), mais en incluant d’autres paramètres et polluants (composition chimique des particules, analyse des métaux lourds dans l’air).

La BPCO, de quoi s’agit-il ?

La Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) est une maladie pulmonaire inflammatoire des bronches. La gêne respiratoire est due à une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. Sous l’effet de toxiques comme le tabac principalement, mais aussi les polluants de l’air ou les aéro-contaminants professionnels, une inflammation se développe au niveau de la paroi des bronches, dont le calibre se réduit. Elles s’épaississent et fabriquent davantage de mucus. Les alvéoles qui assurent les échanges gazeux sont détruites (emphysème) et l’élasticité du tissu pulmonaire est altérée. La BPCO apparait progressivement et se manifeste par un essoufflement, une toux matinale et des expectorations (crachats).

Symptômes :

  • Essoufflement,
  • Toux matinale
  • Expectorations (crachats)
  • Gêne respiratoire, due à une obstruction permanente et progressive des voies aériennes,
  • Inflammation de la paroi des bronches,
  • Destruction des alvéoles qui assurent les échanges gazeux (emphysème)
  • Altération du tissu pulmonaire

Causes :

  • Tabac,
  • Polluants de l’air,
  • Aéro-contaminants professionnels

BEPoPI : une étude sur 2 volets

Le volet santé

Il repose sur les données recueillies entre le 1er janvier et de décembre 2020* concernant toutes les consultations dues aux exacerbations de BPCO diagnostiquées aux urgences du CHU Amiens-Picardie ou de la Clinique de l’Europe à Amiens, qu’elles aient nécessité ou non une hospitalisation.

Au total, 110 patients ont été inclus, correspondants aux 180 consultations aux urgences pour exacerbations de BPCO.

Toutes les données recueillies ont été anonymisées.

* données sur 1 année entière pour prendre en compte l’impact des variations saisonnières sur les taux d’exacerbation de la BPCO chez les patients

Le volet qualité de l’air

Pour BEPoPi, Atmo Hauts-de-France a mis à disposition les données de sa surveillance (mesures des polluants) et son évaluation (concentrations de polluants modélisées) pour l’agglomération amiénoise en 2020 :

  • Les mesures de pollution des trois stations à Amiens et ses environs,
  • L’historique des épisodes de pollution,
  • L’évaluation de la qualité de l’air à l’échelle de la rue (modélisation des concentrations de polluants sur toute la zone sous forme de cartographies à une échelle très fine).

Les polluants pris en compte :

  • Particules PM2.5 (diamètre inférieur à 2.5 micromètres)
  • Particules PM10 (diamètre inférieur à 10 micromètres)
  • Monoxyde d’azote (NO)
  • Dioxyde d’azote (NO2)
  • Ozone (O3)
  • Concentrations hebdomadaires de 35 métaux lourds présents dans les particules PM10
  • Mesures de black carbon  : les mesures de Black Carbon permettent d’estimer la part du trafic automobile (carburant fossile) ou de combustion de biomasse (ex. chauffage au bois) dans les concentrations de particules,
  • Mesures de Particules Ultrafines  (PUF) : elles sont définies comme l’ensemble des particules ayant un diamètre égal ou inférieur à 100 nanomètres (nm) ou 0,1 micromètre (µm).
  • Des données sur les pollens (février à septembre)
  • Les nuisances olfactives sur l’année.

Résultats de l’étude

L’étude a permis de mettre en relation les niveaux de pollution et le nombre de consultations aux urgences du CHU d’Amiens Picardie. Il est toutefois à noter que la période de confinement a entrainé une nette diminution des admissions aux urgences, en lien avec l’isolement des personnes et le port du masque.

Y a-t-il un lien entre la pollution de l’air et les exacerbations de BPCO ?

Oui, pour certains polluants

  • Le dioxyde d’azote (NO₂)

Produit par la combustion des transports routiers en majorité et le chauffage.

Il peut irriter (nez, yeux, gorge, poumons, ...) mais aussi impacter plus fortement la fonction pulmonaire.

  • Les particules ultrafines

(notamment de tailles entre 30 et 50 milliardièmes de mètre)

Ces petites particules ne sont pas filtrées par les masques et pénètrent profondément dans les poumons. Elles proviennent de sources diverses, soit directement des transports, du résidentiel (chauffage), des activités industrielles et agricoles, soit de réactions chimiques entre d’autres polluants présents dans l’atmosphère.

  • Certains métaux, présents dans les particules en suspension PM10 (taille infé­rieure à 10 millionièmes de mètre)

Des corrélations ont été faites entre le césium, le fer, le vanadium, l’aluminium, le titane, présents dans l’air et les consultations aux urgences pour une exacerbation de BPCO. Chaque augmenta­tion de 1 nanogramme de manganèse par mètre cube d’air augmente le risque d’exacerbation de la BPCO de 22 %.

  • L’ozone (O3)

Ce gaz irritant peut provoquer des toux, un inconfort thoracique, un essouffle­ment et peut augmenter la sensibilité aux pollens. L’ozone n’est pas rejeté directe­ment par des sources de pollution ; il se forme par réactions chimiques de certains polluants dans l’air sous l’effet du soleil et est donc surtout présent en journée l’été.

  • Les particules fines PM2.5 (taille inférieure à 2,5 millionièmes de mètre)

Elles sont constituées de différents composés chimiques et peuvent se loger profondément dans les voies respiratoires. Comme pour les particules ultrafines, elles proviennent de sources diverses ou de réactions chimiques dans l’air.

Non, pas de lien démontré pour d’autres polluants

  • Le Black Carbon

Le Black Carbon représente ce qui est émis par la combustion incomplète dans les particules, principalement en lien avec le trafic automobile (carburant fossile) ou le chauffage au bois (biomasse).

  • Les pollens

Les pollens ont des potentiels allergisants plus ou moins élevés selon les espèces végétales, mais ne sont pas tous allergisants. Les symptômes d’allergies se manifestent par des irritations (yeux, nez, gorge, ...), des démangeaisons voire des gênes respiratoires et de l’asthme.

  • Les odeurs

Les nuisances olfactives peuvent altérer la qualité de vie et entraîner des gênes, variables selon les personnes. Une odeur, même désagréable, n’est pas nécessairement associée à un risque pour la santé.

La BPCO en chiffres

  • 7 millions de personnes touchées en France
  • 2/3 des patients non diagnostiqués
  • 1ère cause de mortalité par maladie respiratoire non-cancéreuse
  • 3ème cause de décès dus au tabac (après les cancers bronchiques et les maladies cardiovasculaires)
  • 9,2% de taux de mortalité dû à la BPCO
  • En Hauts-de-France, taux d’hospitalisation et de mortalité lié à la BPCO supérieur de 20% à la moyenne nationale

A consulter 

Dossier de presse - Projet BEPoPi

Rapport d'étude - Projet BEPoPiRapport d'étude - Projet BEPoPi

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