Déchets verts: pourquoi le brûlage est interdit ? Comment les valoriser ?

Publié le 23 février 2024

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Feuilles mortes, tontes, tailles de haies… Ces déchets peuvent devenir une ressource plutôt qu’une source de pollution de l’air.

Branches, feuilles mortes, tontes, tailles de haies, herbes ou fleurs fanées… Avec l’entretien des jardins et des espaces verts, les déchets végétaux peuvent vite s’accumuler. Pourtant, les brûler à l’air libre n’est pas une solution : cette pratique est interdite, polluante et nocive pour la santé.
Brûler des végétaux, ce n’est pas faire disparaître un déchet. C’est transformer une ressource naturelle en fumées, en particules fines et en polluants respirés par les habitants, les voisins et les personnes les plus vulnérables.

Pourquoi le brûlage des déchets verts est-il interdit ?

Le brûlage à l’air libre se fait dans de mauvaises conditions de combustion : les végétaux sont souvent humides, l’oxygène circule mal et la température de combustion est insuffisante. Résultat : la fumée émise contient de nombreux polluants, dont des particules fines PM2,5, du monoxyde de carbone, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du carbone suie ou encore des dioxines.

Les PM2,5 sont particulièrement préoccupantes car leur très petite taille leur permet de pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Elles peuvent aggraver certaines pathologies respiratoires ou cardiovasculaires et contribuer à la dégradation de la qualité de l’air, notamment à proximité immédiate des habitations.

Un geste individuel, un impact collectif

Le brûlage des déchets végétaux peut sembler anodin lorsqu’il est réalisé ponctuellement dans un jardin. Pourtant, à l’échelle d’un territoire, la répétition de ces gestes représente une source réelle d’émissions polluantes.

En France, environ 886 000 tonnes de déchets végétaux seraient encore brûlées chaque année par les particuliers (source : CITEPA, 2026). Les feux de déchets verts représenteraient également plus de 6 % des émissions annuelles de PM2,5 du secteur résidentiel.

En Hauts-de-France, le brûlage de déchets végétaux représente environ 4% des émissions de particules PM2,5 du secteur résidentiel, soit la 2ème source d'émissions de particules, après le chauffage au bois. (source : inventaire des émissions de polluants - 2022).

Autrement dit, un geste réalisé dans son jardin peut contribuer à une pollution locale, gêner le voisinage, exposer les personnes sensibles et dégrader la qualité de l’air respiré par tous.

Brûler 50 kg de végétaux, ça représente quoi ?

Pour mieux comprendre l’impact du brûlage, les comparaisons sont souvent plus parlantes que les chiffres seuls. À titre d’illustration, brûler 50 kg de déchets végétaux peut émettre autant de particules que plusieurs milliers de kilomètres parcourus en voiture ou plusieurs mois de chauffage selon les équipements comparés. 

Chiffres
5
Texte
sacs de 60 litres, ou 2 à 3 sacs de 100 litres représentent 50kg de déchets végétaux.
12
Texte
mois de chauffage d'un pavillon avec une cheminée ouverte, et 24j (entre 3 et 4 semaines) de chauffage principal avec un poêle à granulés
13400
Suffixe
km
Texte
parcourus avec par une voiture essence récente (Paris-Tokyo)
352
Suffixe
tonnes
Texte
Les émissions de particules PM25 issues des déchets en 2022 en Hauts-de-France, soit autant d’émissions de PM25 que les transports non routiers (ferroviaire, maritime, fluvial et aérien) dans la région.

Mais quelles sont ces matières qui, mal gérées, peuvent avoir un impact significatif sur notre environnement et notre santé ?

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Parmi les déchets verts, on trouve :

  • Les branches d'arbres,
  • Les tontes de gazon,
  • Les feuilles mortes,
  • Les herbes,
  • Les broussailles,
  • Les fleurs fanées, etc.

Quelles sont les conséquences du brûlage des déchets végétaux ?

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Ces brûlages émettent de nombreux composés toxiques (particules, dioxines...) et sont une source importante de pollution de l’air ambiant. Selon Santé publique France, la pollution atmosphérique serait à l’origine de 6 500 décès prématurés par an en Hauts-de-France.

Cette pollution est due principalement aux émissions des véhicules, du chauffage, des industries, de l’agriculture, mais aussi au brûlage des déchets verts produits par les ménages. Les contrevenants à cette interdiction s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros.

De surcroît, brûler des déchets peut causer des troubles du voisinage, que ce soit à cause des odeurs ou de la fumée dégagées, mais présente également un impact sanitaire.

En effet, cette combustion est peu performante, particulièrement quand les végétaux brûlés sont humides, et dégage des substances polluantes, toxiques pour l’homme et l’environnement. La toxicité des substances émises dans l’air peut encore être accrue en cas de mélange des déchets verts avec d’autres déchets de jardin (plastiques, bois traités).

Les déchets végétaux sont une ressource, pas un déchet

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Plutôt que de les brûler, les végétaux peuvent être valorisés directement sur place ou via des solutions de proximité. Ils permettent de nourrir les sols, de protéger les plantations et de limiter les besoins en arrosage ou en apport extérieur.

Plusieurs solutions existent :

  • Le compostage individuel 
    Le compostage permet de valoriser sur place les matières organiques du jardin et de la cuisine, pour les transformer en compost, un engrais naturel
  • Le paillage :
    Le paillage consiste à couvrir la terre de matières végétales (feuilles mortes, tailles de haies, copeaux de bois, tonte de gazon, paille, …), pour protéger et nourrir votre sol.
  • Le broyage :
    Le broyage consiste à réduire sous forme de copeaux, les branches de jardin issues de la taille. On obtient ainsi un broyat.
  • La tonte mulching (ou tondre sans ramasser) :
    La tonte mulching est une technique de tonte sans ramassage, qui hache finement les brins d’herbe, en les dispersant sur la pelouse.

Mais il est aussi possible de passer par des solutions centralisées telles que :

  • Collecte en PAP (porte-à-porte) :
    Le service d’enlèvement aux domiciles des usagers peut être appliqué en zone urbaine ou mixte pour pallier le manque de points de collecte à proximité.
  • Collecte en PAV (points d’apport volontaire) :
    Des plateformes de dépôts (végèteries, points de dépôts), temporaires ou permanentes, équipées ou non d’un broyeur, peuvent être installées dans les zones les plus éloignées des déchèteries dans le but de réduire le kilométrage des usagers. Les usagers peuvent repartir avec du broyat.
  • Collecte en déchèterie :
    Dans une benne réservée aux apports de végétaux.
carte_dechetteries_hdf

Carte des déchèteries en Hauts-de-France

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Techniques complémentaires selon votre situation

alternative complémentaire gestion des déchets verts

Collectivités : sensibiliser, accompagner, faciliter

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Pour faire évoluer les pratiques, l’interdiction seule ne suffit pas toujours. Les habitants ont besoin d’informations claires, mais aussi de solutions simples et accessibles.

Les collectivités peuvent agir en développant des actions concrètes :

  • organiser des ateliers sur le compostage, le paillage ou le broyage ;

  • proposer le prêt de broyeurs ou des opérations de broyage de proximité ;

  • distribuer du broyat ou accompagner les habitants dans son usage ;

  • communiquer au printemps et à l’automne, périodes clés pour l’entretien des jardins ;

  • rappeler l’interdiction du brûlage et ses conséquences sur la qualité de l’air ;

  • valoriser les pratiques exemplaires des habitants et des services espaces verts.

L’objectif n’est pas seulement de dire “ne brûlez pas”, mais de montrer quoi faire à la place.

Texte

Mais quelles que soient les solutions choisies, il est important de passer par la sensibilisation !

Non, le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit, sauf dérogations très encadrées.

Parce qu’il émet des fumées chargées en particules fines PM2,5 et autres polluants issus d’une combustion incomplète.

Ils peuvent être compostés, broyés, utilisés en paillage, laissés sur place en mulching ou déposés en déchèterie.

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