Agriculture et qualité de l’air : comprendre, mesurer, agir ensemble

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On associe souvent la pollution de l’air aux villes, aux voitures ou aux industries. Pourtant, la qualité de l’air concerne aussi les territoires ruraux. Les polluants circulent, se transforment, voyagent parfois sur de longues distances, et les sources de pollution peuvent se combiner entre elles. Ville et campagne sont donc liées par un même air.

Agriculture, air et santé : un enjeu majeur en Hauts-de-France

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En Hauts-de-France, l’agriculture tient une place importante. Elle façonne les paysages, fait vivre de nombreux territoires et contribue à notre alimentation. Mais, comme toute activité humaine, elle peut aussi avoir des effets sur l’environnement, notamment sur la qualité de l’air. 

Certaines pratiques agricoles, comme l’épandage d’engrais azotés, émettent de l’ammoniac. Dans la région, l’agriculture est la principale source de ce polluant : elle représente environ 94 % des émissions régionales d’ammoniac, selon Atmo Hauts-de-France. 

L’ammoniac est peu visible, mais il joue un rôle important dans la pollution de l’air. Une fois dans l’atmosphère, il peut réagir avec d’autres polluants, par exemple ceux émis par le trafic routier, et former des particules fines. Ces particules peuvent être présentes aussi bien en ville qu’à la campagne.

Agriculture -Episode de pollution

Les zones rurales ne sont pas forcément épargnées

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On oppose souvent la ville polluée à la campagne préservée. En réalité, la situation est plus nuancée. Les sources de pollution ne sont pas les mêmes partout, mais l’air circule d’un territoire à l’autre. En hiver, les particules fines peuvent venir du chauffage, du trafic routier, de l’industrie, mais aussi de réactions chimiques liées à l’ammoniac agricole. Au printemps, certaines périodes d’épandage, combinées à des conditions météo particulières, peuvent aussi favoriser des épisodes de pollution. En été, d’autres phénomènes apparaissent, comme la formation d’ozone, favorisée par le soleil et par certains polluants déjà présents dans l’air.

L’épandage d’engrais : un levier clé pour l’air et les cultures

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L’épandage d’engrais, qu’ils soient minéraux ou organiques, répond à un objectif essentiel : apporter aux cultures les éléments nutritifs dont elles ont besoin pour se développer. Cependant, une partie de l’azote apporté peut être perdue avant même d’être utilisée par les plantes. Selon le type d’engrais, les conditions météorologiques, le matériel utilisé, la technique d’application ou encore l’état du sol, une partie de cet azote peut se volatiliser dans l’air sous forme d’ammoniac. 

Cette perte est doublement pénalisante. Pour l’exploitation, elle réduit l’efficacité fertilisante des apports. Pour l’environnement, elle augmente les émissions d’ammoniac dans l’atmosphère. Autrement dit, une partie de l’engrais appliqué peut ne bénéficier ni aux cultures, ni à l’exploitation.

Les particules fines ont des effets reconnus sur la santé. Elles peuvent irriter les voies respiratoires, aggraver l’asthme ou les bronchites chroniques, et contribuer au développement de maladies respiratoires et cardiovasculaires. L’exposition répétée ou prolongée aux particules est également associée à des impacts à long terme sur la santé. La qualité de l’air concerne donc l’ensemble de la population : habitants des villes, habitants des campagnes, mais aussi agriculteurs, qui peuvent être potentiellement exposés dans le cadre de leur activité professionnelle. 

Des projets pour mieux comprendre et agir localement

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Dans les Hauts-de-France, plusieurs travaux associant scientifiques et agriculteurs ont été menés afin de mieux comprendre les liens entre pratiques agricoles, émissions d’ammoniac et qualité de l’air. Parmi eux, les projets Épand’Air et CAPARA apportent des enseignements importants. Ces démarches ne partent pas de zéro : de nombreux agriculteurs adaptent déjà leurs pratiques d’épandage pour mieux valoriser l’azote, réduire les pertes, tenir compte des conditions météorologiques et composer avec les contraintes de terrain. Ces deux projets s’inscrivent dans cette dynamique, en s’appuyant sur les mesures de terrain et les retours d’expérience des exploitants pour identifier des solutions réalistes, efficaces et applicables localement.

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Le projet Epand'Air

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Le projet Épand’Air, mené de 2018 à 2020, a porté sur les émissions d’ammoniac liées aux pratiques d’épandage. Il a été conduit avec les acteurs agricoles, notamment la Chambre d’Agriculture du Nord–Pas-de-Calais, Atmo Hauts-de-France et Arvalis, avec le soutien de l’ADEME. Son objectif : identifier, tester et partager des pratiques permettant de réduire les émissions d’ammoniac tout en maintenant l’efficacité agronomique des apports.

Le projet CAPARA

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Le projet CAPARA, lancé en 2022, s’inscrit dans une logique complémentaire. Coordonné par Atmo Hauts-de-France avec l’IMT Nord Europe, la Chambre d’Agriculture du Nord–Pas-de-Calais et la Chambre d’Agriculture de l’Oise, il vise à estimer la contribution locale de l’agriculture aux concentrations de particules dans l’air. Il repose sur des mesures de terrain, des analyses scientifiques et des échanges avec les agriculteurs.

Ces projets ont un point commun : ils ne se limitent pas à constater les émissions. Ils cherchent à comprendre les mécanismes, à mesurer les contributions réelles et à construire des solutions adaptées aux réalités agricoles du territoire. 

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Des bénéfices mesurés sur le terrain

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Les expérimentations menées dans le cadre du projet Épand’Air montrent qu’il est possible de réduire jusqu’à 85 % des émissions d’ammoniac selon les techniques utilisées. 

Ce résultat est important, car il montre que l’amélioration de la qualité de l’air peut aller de pair avec l’efficacité agronomique. Moins d’azote volatilisé, c’est davantage d’azote disponible pour les cultures. C’est aussi une meilleure valorisation des apports fertilisants et une réduction des pertes économiques pour l’exploitation.

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Méthode épandage_epandair
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Des pratiques gagnant-gagnant
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Les bénéfices sont donc à la fois individuels et collectifs. Moins d’ammoniac volatilisé, c’est :

  • plus d’azote disponible pour les cultures ;
  • une meilleure efficacité des apports fertilisants ;
  • moins de pertes économiques pour l’exploitation ;
  • moins de particules fines secondaires dans l’atmosphère ;
  • une contribution à l’amélioration de la qualité de l’air.

Un épandage mieux maîtrisé permet donc à la fois de valoriser les apports, de limiter les coûts et de réduire l’impact sur l’air que nous respirons. C’est tout l’intérêt d’une approche “gagnant-gagnant”, qui ne consiste pas à opposer production agricole et environnement, mais à identifier les pratiques les plus efficaces pour concilier les deux.

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Pour en savoir plus sur le différents projets

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