Et si l’été était l’occasion de respirer un peu mieux ? À la belle saison, les sorties se multiplient : festivals, balades, week-ends, retrouvailles entre amis ou découvertes près de chez soi. On ralentit, on prend davantage le temps, on se laisse porter par un rythme plus léger… C’est aussi le moment idéal pour tester de nouvelles habitudes de déplacement. Un trajet à vélo, une sortie en covoiturage, quelques minutes de marche plutôt qu’un court déplacement en voiture : autant de gestes simples qui contribuent à limiter les émissions polluantes, à améliorer la qualité de l’air et à prendre soin de sa santé.
Et si l’été était le bon moment pour tester d’autres façons de se déplacer
Publié le 16 juin 2026 - Mis à jour le

Au-delà des épisodes de pollution ponctuels, l’exposition quotidienne à la pollution de l'air reste un enjeu : l'air des Hauts-de-France a été dégradé ou mauvais entre 40 et 112 jours en cumulé sur l'année 2025, d'après le calcul de l'indice Atmo journalier.
Plus d’un habitant sur deux a été exposé à des niveaux de NO₂ supérieurs aux recommandations de l’OMS, et 100 % des habitants à des niveaux de PM₂.₅ supérieurs aux recommandations de l’OMS. Ces chiffres n’ont pas vocation à faire peur. Ils rappellent surtout pourquoi chaque geste peut compter, même à petite échelle.
Un air dégradé, des effets bien réels sur la santé
Quand les températures grimpent, que le soleil est bien présent et que le vent se fait discret, la qualité de l’air peut se dégrader. C’est notamment dans ces conditions que l’ozone peut devenir un sujet de vigilance pendant l’été. Contrairement à d’autres polluants, l’ozone ne sort pas directement d’un pot d’échappement. Il se forme dans l’atmosphère, sous l’effet du soleil et de la chaleur, à partir de polluants déjà présents dans l’air. Parmi eux, on retrouve notamment les oxydes d’azote, aussi appelés NOx, dont une part importante est émise par le trafic routier.
La qualité de l’air ne se résume pas à une donnée sur une carte ou à un indice que l’on consulte de temps en temps. C’est aussi l’air que l’on respire, chaque jour. Les polluants liés aux transports peuvent :
- irriter les yeux, la gorge et les voies respiratoires ;
- provoquer de la toux ou une gêne respiratoire ;
- aggraver certains symptômes chez les personnes asthmatiques ;
- fragiliser les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires ;
- avoir des effets plus marqués chez les enfants, les personnes âgées et les personnes sensibles.
Trafic routier : des NOx aux particules, une pollution aux multiples sources
En matière de qualité de l’air, les déplacements routiers jouent un rôle important dans les émissions d’oxydes d’azote, ou NOx, des polluants principalement issus de la combustion des carburants. Sur le territoire des Hauts-de-France, le transport routier constitue le premier contributeur aux émissions de NOx. Les véhicules particuliers sont les premiers responsables au sein du secteur routier. Ces chiffres rappellent l’intérêt d’agir sur les déplacements du quotidien, en encourageant la marche, le vélo, les transports en commun ou le covoiturage lorsque cela est possible.

Le saviez-vous ? Les pneus aussi émettent des particules
La pollution liée au trafic routier ne vient pas seulement de la combustion des carburants. Même les véhicules électriques ou hybrides peuvent émettre des particules… autrement. En roulant, les pneus s’usent au contact de la route. Cette usure libère de fines particules dans l’air et sur les chaussées. Le freinage et l’abrasion de la route contribuent aussi à ces émissions dites « hors échappement ». Réduire la pollution liée aux déplacements, ce n’est donc pas seulement changer de carburant : c’est aussi limiter le nombre de trajets motorisés, adopter une conduite souple, entretenir son véhicule et privilégier, quand c’est possible, la marche, le vélo, les transports en commun ou le covoiturage.
En cas d’épisode d’ozone ou de forte chaleur, mieux vaut éviter les efforts intenses aux heures les plus chaudes, privilégier le matin ou le soir, et choisir un itinéraire moins exposé au trafic lorsque c’est possible.
Pour préparer son trajet, l’application Air to Go d’Atmo Hauts-de-France peut aussi être utile. Elle permet de connaître la qualité de l’air à l’échelle de la rue et d’identifier, lorsque c’est possible, un itinéraire et un moment de la journée moins exposé à la pollution. Une bonne manière de garder le plaisir de marcher ou de pédaler, tout en limitant son exposition.
Covoiturer, marcher, couper le moteur : et si on essayait cet été ?
On ne va pas se mentir : changer ses habitudes en plein mois de novembre, sous la pluie, quand il fait nuit à 17h, ce n’est pas toujours le plus motivant. L’été, c’est différent. Les journées sont plus longues, la météo donne davantage envie de sortir, les trajets changent un peu. On va à des événements, on part en week-end, on prend parfois plus le temps. Bref, c’est peut-être le bon moment pour tester sans pression. Prendre le vélo pour aller chercher le pain. Marcher jusqu’au marché. Covoiturer pour un festival. Partir tôt le matin pour éviter la chaleur. Couper son moteur pendant qu’on attend quelqu’un. Regrouper deux ou trois déplacements au lieu de multiplier les allers-retours. Pas besoin de devenir parfait. Juste d’essayer.
Et l'auto-partage ? Pour les trajets ponctuels où la voiture reste utile (transporter du matériel, partir à plusieurs, rejoindre un lieu mal desservi) l’autopartage peut éviter l’achat ou l’usage systématique d’une voiture personnelle. C’est une solution complémentaire au train, au vélo, à la marche et au covoiturage.
Dans certaines zones des Hauts-de-France, le service Citiz permet d'emprunter des véhicules pour des trajets personnels. Des plateformes proposent aussi de la location entre particuliers ; vous pourriez trouver votre bonheur sur des plateformes telles que Turo.
Le covoiturage pour les festivals, concerts et sorties d’été
L’été, il y a souvent une bonne excuse pour se déplacer : un concert, une fête locale, un festival, une journée à la mer, une randonnée, un barbecue chez des amis.
Et si on partageait aussi le trajet ? Le covoiturage permet de réduire le nombre de voitures sur la route, les émissions par personne transportée, et souvent les frais. C’est aussi parfois plus simple pour se garer, surtout lors des événements où tout le monde arrive à peu près au même moment. Alors oui, le covoiturage peut faire hésiter. On ne sait pas toujours avec qui on va tomber, si la personne va parler tout le trajet, choisir la musique ou arriver à l’heure, mais pour une sortie, un festival ou un trajet court, c’est justement une bonne façon de tester. Et puis, au pire, on partage une voiture. Au mieux, on partage aussi une playlist et de nouvelles rencontres.
16 millions de Français ont covoituré au moins une fois dans l’année
Couper son moteur : petit geste, vrai réflexe
On attend quelqu’un devant une gare, on patiente sur un parking, on fait une pause devant un commerce… et parfois, le moteur reste allumé “juste deux minutes”, souvent pour garder la climatisation. Deux minutes, cela paraît peu. Multipliées par beaucoup de véhicules, elles finissent pourtant par compter. Un moteur qui tourne à l’arrêt consomme du carburant, émet des polluants inutilement et ajoute du bruit là où l’on pourrait justement gagner un peu de calme.
En été, la climatisation peut aussi entraîner une surconsommation, surtout lors des petits trajets ou quand le véhicule reste immobilisé moteur allumé. Quand c’est possible, mieux vaut aérer quelques instants avant de partir, stationner à l’ombre, utiliser un pare-soleil ou régler la climatisation sans excès.
Couper son moteur à l’arrêt reste un geste simple, immédiat et gratuit. Il évite des émissions inutiles et améliore l’air autour de soi, notamment pour les personnes qui passent à pied, à vélo, ou qui vivent à proximité. C’est typiquement le genre de réflexe facile à adopter en été : pas spectaculaire, mais utile.
Peu d’automobilistes le savent, mais l’interdiction de maintenir le moteur de son véhicule allumé lorsque celui-ci est stationné (sauf en cas d’urgence) existe depuis 1960 et peut vous coûter une amende de 135 euros. Dès que l’on reste à l’arrêt plus de 20 secondes, il est plus économique de couper le moteur, et le moteur restera assez chaud pour n’utiliser que très peu d’énergie pour redémarrer.
On estime en effet et en moyenne qu’un moteur fonctionnant au ralenti consommera environ 0,8L/heure.
Vacances à vélo : pas besoin d’être un grand sportif
Partir à vélo, ce n’est pas forcément traverser la France en sacoches pendant trois semaines. Cela peut commencer par une boucle d’une journée, un week-end le long d’un canal, une balade jusqu’au village voisin ou une petite escapade avec pause pique-nique.
Le vélo invite à ralentir. On observe davantage les paysages, on s’arrête plus facilement, on découvre des chemins que l’on ne prend jamais en voiture. Et en prime : zéro émission à l’usage, moins de bruit, de l’activité physique et une vraie sensation de déconnexion.
Dans les Hauts-de-France, les itinéraires ne manquent pas pour respirer autrement : voies vertes, chemins de halage, boucles touristiques, parcours en ville ou à la campagne. Le cyclotourisme permet de redécouvrir la région à son rythme, que l’on parte pour quelques heures ou pour plusieurs jours.
Cyclotourisme en Hauts-de-France : des parcours pour respirer
Pas de vélo ? Pas grave. On peut emprunter, louer, tester un vélo à assistance électrique, faire réviser un vieux vélo ou commencer par un trajet court. L’important, c’est d’essayer : Nos bons plans pour se remettre en selle.
Et si les vacances commençaient près de chez soi ?
Changer d’air ne veut pas toujours dire partir loin. Parfois, le dépaysement commence à quelques kilomètres : un parc que l’on ne connaît pas encore, une forêt, un village, un canal, un musée accessible en train, un marché local, une balade au bord de l’eau.
Les vacances près de chez soi permettent de limiter les kilomètres parcourus, tout en profitant d’un vrai temps de pause. Moins de route, moins de fatigue, moins de dépenses… et parfois plus de liberté.
On peut imaginer une journée sans voiture, un week-end en TER et vélo, une randonnée au départ d’une gare, ou une sortie en famille dans un lieu accessible autrement. L’idée n’est pas de renoncer aux vacances, mais d’élargir les possibilités.
5 idées de micro-aventures à faire sans polluer l’air
Une sortie sans voiture peut commencer par un trajet en train : rejoindre une gare, marcher jusqu’à un site naturel, louer ou embarquer un vélo, puis rentrer sans se soucier du stationnement. Découvrez les TER à 1 euros

Marcher, pédaler, respirer : les bénéfices ne sont pas que pour la qualité de l’air
Bouger autrement, ce n’est pas seulement réduire les émissions. C’est aussi prendre soin de soi. Marcher ou pédaler permet d’intégrer un peu plus d’activité physique dans la journée, de réduire le stress, d’éviter les bouchons, de limiter le bruit et de rendre certains trajets plus agréables.
Cela ne veut pas dire qu’il faut faire du vélo à n’importe quel moment ou dans n’importe quelles conditions. En période de forte chaleur ou lors d’un épisode d’ozone, mieux vaut adapter ses habitudes : privilégier le matin ou la fin de journée, éviter les efforts intenses aux heures les plus chaudes, choisir si possible des itinéraires ombragés ou moins exposés au trafic, et penser à s’hydrater.
L’idée n’est pas de pédaler en plein pic de chaleur à 14h. L’idée, c’est de choisir le bon moment, le bon trajet, et de faire au mieux. Même un petit trajet à pied ou à vélo, bien choisi, peut être bénéfique pour la santé, le moral et la qualité de l’air.
Les trajets les plus faciles à tester sont souvent les plus courts : aller chercher le pain, rejoindre un marché, déposer un courrier, aller jusqu’à la gare ou au parc. À pied, ces petits déplacements ne produisent pas d’émissions à l’usage, évitent les démarrages à froid et ajoutent un peu d’activité physique à la journée.
Cet article a été réalisé avec le soutien de l’ARS Hauts-de-France, dans le cadre d’une démarche de sensibilisation à la qualité de l’air.

Malgré une respiration plus importante pendant l’effort, le vélo conserve des bénéfices nettement positifs pour la santé. En circulation dense, l’automobile n’offre pas toujours une meilleure protection : l’air de l’habitacle peut concentrer des polluants en raison d’un renouvellement limité et des prises d'air proches des pots d'échappement. En privilégiant des itinéraires cyclables séparés ou moins fréquentés, les cyclistes peuvent réduire leur exposition à la pollution jusqu’à 2 à 3 fois par rapport aux automobilistes dans les embouteillages.
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Conseil : vélo à l'extérieur 2

