Nouvelle réglementation 2030 : ce qui change pour la qualité de l’air

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Publié le 1 octobre 2025

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La lutte contre la pollution atmosphérique s’intensifie au niveau mondial. En 2021, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révisé ses recommandations pour les principaux polluants, en les abaissant sensiblement par rapport aux normes antérieures, afin de mieux protéger la santé humaine. Ces seuils, bien que non contraignants juridiquement en France, servent de référence scientifique pour les politiques publiques et influencent la réglementation européenne à venir. 

En parallèle, l’Union européenne a fixé de nouvelles valeurs limites pour 2030 dans sa directive sur la qualité de l’air, plus strictes que celles actuellement en vigueur. Ces nouvelles normes s’appliqueront progressivement et auront un impact significatif sur les politiques régionales de surveillance et de réduction des émissions. 

Les seuils OMS : objectifs sanitaires ambitieux 

L’OMS met ses recommandations à jour en fonction des dernières données scientifiques sur les effets de la pollution. L’objectif principal est de fixer des limites au-delà desquelles des risques importants pour la santé sont documentés. 

Les normes actuelles en France et en Europe 

En France, la réglementation actuelle découle de la directive européenne en vigueur, qui fixe des valeurs limites juridiquement contraignantes. 

Ces seuils sont aujourd’hui utilisés pour évaluer la conformité des zones urbaines, périurbaines et rurales. Lorsqu’ils sont dépassés, des plans d’actions doivent être mis en place (restrictions de circulation, zones à faibles émissions, etc.). 

Les nouvelles normes européennes pour 2030 

Dans le cadre du renforcement de la directive sur la qualité de l’air, l’Union européenne a proposé de nouvelles valeurs limites à atteindre d’ici 2030, plus proches des recommandations de l’OMS, mais compte tenu des contraintes techniques et économiques. 

Ces nouvelles valeurs constituent une étape importante vers la réduction des impacts sanitaires. Elles restent cependant plus élevées que les recommandations OMS, illustrant la difficulté à concilier ambition sanitaire et capacité de mise en œuvre à grande échelle. 

valeurs réglementaires en air extérieur

Ce que cela signifie pour les Hauts-de-France 

Le bilan 2025 de la qualité de l’air met en évidence que : 

  • la majorité des zones respectent les normes actuelles pour les PM₂.₅ et NO₂, 

  • mais une proportion importante de la population reste exposée à des niveaux supérieurs aux recommandations OMS, 

  • et certaines zones continueraient à être en dépassement même selon les valeurs limites 2030. 

Impact de la directive sur l'année 2022 pour le dioxyde d'azote

NOx et NO₂ : une pollution encore marquée par le trafic routier

Le dioxyde d’azote (NO₂) est un gaz irritant qui pénètre profondément dans les poumons. Il aggrave les symptômes des personnes asthmatiques, favorise les infections respiratoires chez l’enfant et altère la fonction pulmonaire lors d’expositions prolongées. 

En Hauts-de-France, la concentration moyenne annuelle de NO₂ en 2025 est de 12 µg/m³, avec des niveaux de fond allant jusqu’à 18 µg/m³ à proximité des grands axes routiers. 

Une exposition persistante malgré la baisse des émissions 

Entre 2015 et 2025, les concentrations de NO₂ ont diminué de 36 %. Cette amélioration est principalement liée au renouvellement du parc automobile et à la baisse des émissions industrielles. 

Sur les 5 dernières années (2021-2025), la concentration a diminué de 16%.  

Les niveaux de NO₂ restent globalement stables en moyenne annuelle. Toutefois, une légère dégradation est observée concernant le nombre de jours de dépassement de la valeur limite journalière de 50 µg/m³ (18 jours tolérés par an) : 1 seul jour avait été enregistré en 2024, contre 7 jours en 2025. Ces dépassements sont principalement concentrés au cours du premier trimestre. 

Le bilan 2025 montre que : 

  • 3 % de la population serait exposée à des niveaux supérieurs aux futures valeurs limites européennes de 2030, 
  • 54 % reste exposée à des concentrations supérieures au seuil recommandé par l’OMS (10 µg/m³). 

Les émissions de NOx par habitant en Hauts-de-France sont de 12 kg/habitant, un niveau légèrement supérieur à la moyenne nationale (11 kg/habitant), reflétant une activité humaine et des flux de transport importants. 

Légende ancienne directive NO2
Légende nouvelle directive NO2

Découvrez la carte 2024 dans le bilan de la qualité de l'air   >

Impact de la directive sur l'année 2022 pour les particules PM2.5

Particules fines PM₂.₅ : une exposition généralisée en Hauts-de-France 

Les particules fines PM 2,5, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, pénètrent profondément dans les voies respiratoires et peuvent atteindre la circulation sanguine. Plus elles sont fines, plus leur impact sanitaire est important. 

Selon le bilan de la qualité de l’air 2025, la concentration moyenne régionale en PM 2,5 est de 8 µg/m³, avec des niveaux observés entre 5 et 62 µg/m³. Ces valeurs restent nettement supérieures au seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixé à 5 µg/m³.

Légende ancienne directive PM2.5
Légende nouvelle directive PM2.5

Découvrez la carte 2024 dans le bilan de la qualité de l'air   >

En 2025, moins de 1 % de la population des Hauts-de-France est exposée à des concentrations supérieures aux valeurs limites actuelles. En revanche : 

  • 20 % seraient au-dessus des futures valeurs limites européennes de 2030, 
  • 100 % de la population régionale reste exposée à des niveaux supérieurs aux recommandations de l’OMS. 

Cette situation a des conséquences sanitaires majeures. Si les seuils OMS étaient respectés, chaque année : 

  • 14,7 % des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant, 
  • 7,7 % des cancers du poumon chez les plus de 35 ans, 
  • 7,6 % des AVC, 
  • 8,5 % des cas de BPCO chez les plus de 40 ans 
  • pourraient être évités. 

Des tendances contrastées 

Sur dix ans, les émissions totales de PM2.5 ont diminué de 18 % en Hauts-de-France, principalement grâce aux évolutions du chauffage résidentiel, de l’industrie et du parc automobile. Toutefois, la moyenne annuelle des particules fines, reflétant l’exposition chronique, reste globalement stable depuis cinq ans, à un niveau proche de la future valeur limite européenne applicable en 2030. 

Une forte dégradation est constatée au regard de la nouvelle valeur limite journalière de 25 µg/m³ (18 jours tolérés par an) : le nombre de stations de mesure concernées ainsi que le nombre de jours de dépassement par station augmentent considérablement avec en 2024 0 station de mesure en dépassement journalier, contre 15 stations de mesure sur les 21 sites de la région enregistrant plus de 18 dépassements journaliers en 2025. 

Cette dégradation, observée surtout au premier trimestre dans un contexte d’hiver froid et sec notamment avec un recours accru au chauffage au bois, souligne la fragilité de la situation. Afin de respecter les exigences européennes de 2030 et réduire l’exposition de la population, il est nécessaire de renforcer l'ambition et les objectifs des plans et programmes régionaux de réduction des émissions des particules, il en va de même à l'échelle nationale. 

Impact de la directive sur l'année 2022 pour les particules PM10

Légende ancienne directive PM10
Légende nouvelle directive PM10

Découvrez la carte 2024 dans le bilan de la qualité de l'air   >

Découvrez le bilan qualité de l'air 2025

AtmoHDF_Bilan_qualite_de_lair_2025.pdf
mockup_bilan2025
pdf - 2 mars 2026 - 1.81 MB
Titre
Bilan de la qualité de l'air 2025
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