L’air que l’on connaît… et celui que l’on explore

Publié le 13 mars 2026 - Mis à jour le

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Au quotidien, la qualité de l’air fait partie de notre environnement, souvent sans que l’on y prête attention… jusqu’à ce qu’un épisode de pollution soit annoncé ou que certaines activités soient déconseillées. Derrière ces informations, on retrouve souvent les mêmes polluants : particules fines, dioxyde d’azote, ozone. Ils sont bien identifiés, car ils font l’objet d’une surveillance réglementée à l’échelle nationale et européenne, avec des seuils et un suivi en continu qui permettent d’évaluer la situation et d’informer le public. 

Mais cette observation de la pollution de l’air évolue. Depuis plusieurs années, les progrès scientifiques permettent de mieux détecter d’autres substances, longtemps restées en dehors des radars. On les regroupe sous le terme de polluants d’intérêt ou encore de polluants émergents. 

Pour mieux documenter et comprendre ces polluants encore peu étudiés, le projet AQAH (Améliorer la Qualité de l’Air en Hauts-de-France) a été lancé dans la région. Il est cofinancé par la Région Hauts-de-France et l’Union Européenne dans le cadre du programme FEDER, il vise à améliorer les connaissances sur les polluants émergents, connaitre l’exposition des populations et définir des actions collectives et individuelles pour améliorer la qualité de l’air.  

Mieux mesurer, mieux comprendre la pollution de l’air 

Les polluants dits “historiques” sont bien identifiés : ils sont réglementés, suivis en continu, et leurs effets sur la santé sont connus. Ils ne sont pas nouveaux dans notre environnement : certains y sont observés ponctuellement depuis longtemps, tandis que d’autres n’y ont été détectés que récemment grâce à l’évolution des méthodes et outils de mesure.  Ce qui change aujourd’hui, en dehors de la capacité d'observation dans l’air ambiant, c’est l’intérêt sociétal et sanitaire autour de ces polluants.  

Le projet AQAH s’intéresse à quatre polluants émergents ou d’intérêt (les particules ultrafines, les pesticides dans l’air, les microplastiques, les PFAS) et complète les travaux déjà menés par Atmo Hauts-de-France. 

Les particules ultrafines : très petites, mais bien présentes 

Les particules ultrafines sont encore plus petites que les particules fines (PM10 et PM2,5). À titre de comparaison, une PM10 est environ 6 à 8 fois plus petite qu’un cheveu, une PM2,5 20 à 30 fois plus petite, tandis que les particules ultrafines sont environ 600 à 800 fois plus petite.

Elles sont principalement liées aux processus de combustion, notamment les gaz d’échappement des véhicules, mais aussi à l’usure des freins et des pneus. Certaines activités de combustion et certaines activités industrielles peuvent également contribuer à leur présence. Elles sont ainsi surtout observées à proximité des axes de circulation et des zones urbaines denses. Bien que le projet AQAH porte sur l’air exterieur, ces particules peuvent également être retrouvées en air intérieur.

Les mesures réalisées par Atmo Hauts-de-France confirment l’influence forte des sources locales : les niveaux de particules ultrafines sont plus élevés dans les environnements soumis au trafic routier, et plus faibles dans des zones moins émissives.

Le rapport réalisé en 2024 met également en évidence des variations marquées au cours de la journée, en lien avec l’intensité du trafic et les conditions météorologiques, notamment la capacité de l’atmosphère à disperser ou concentrer ces particules. Il souligne enfin que ces particules ne proviennent pas uniquement d’émissions directes : elles peuvent aussi se former dans l’air à partir de réactions chimiques, et évoluer rapidement sous l’effet des conditions environnementales. Cette combinaison entre sources locales et processus de formation dans l’atmosphère explique l’intérêt croissant pour mieux les caractériser et améliorer leur suivi. 

Ces enjeux de caractérisation et de suivi sont d’autant plus importants que les particules ultrafines, du fait de leur très petite taille, peuvent pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire et soulèvent des préoccupations sanitaires, en particulier pour les populations les plus exposées ou les plus vulnérables.

Les pesticides dans l’air : un sujet suivi depuis longtemps 

La présence de pesticides dans l’air est, elle, suivie depuis plus de vingt ans dans la région. En effet depuis 2003, des mesures sont réalisées de manière régulière, complétées au fil du temps par différentes études. Cela permet aujourd’hui d'avoir un historique des concentrations et de l’exposition.

Ce que montrent les données : 

  • plusieurs dizaines de substances peuvent être détectées selon les années (Sur chacun des sites de prélèvement instrumentés depuis 2003, Atmo a détecté entre 18 et 21 pesticides différentes),  
  • les herbicides sont les plus fréquemment observés, devant les fongicides et les insecticides, (sources)
  • les niveaux les plus élevés apparaissent à l’automne, en lien avec les périodes de traitement.  

Certaines molécules ressortent particulièrement, comme le prosulfocarbe, en cohérence avec les cultures présentes dans la région. En effet c’est un herbicide utilisé notamment sur les cultures de céréales (comme le blé) ainsi que sur certaines cultures comme la pomme de terre. 

D’autre part, es substances interdites depuis longtemps, comme le lindane, sont encore détectées à très faible dose. Cela s’explique par leur persistance dans l’environnement et leur capacité à être remises en circulation dans l’air.

 

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Bons gestes
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Pour les Particules Ultra Fines :

  • Privilégier les mobilités douces et actives à la voiture.
  • Réduire le recours au chauffage au bois, ou privilégier des solutions peu ou non émissives comme la géothermie ou l’aérothermie via une pompe à chaleur, permet de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, avec des bénéfices directs pour la qualité de l’air et la santé.
 

Pour les pesticides : 

  • Respecter les doses pour les traitements antiparasitaires des animaux domestiques, privilégier les produits naturels.
  • Privilégier le désherbage manuel ou mécanique au désherbage chimique permet de limiter l’usage de pesticides, dont certains peuvent contenir ou générer des PFAS, avec un bénéfice pour l’environnement et la santé.

D’autres polluants d’intérêt en cours d’étude

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Parmi les polluants d’intérêt, d’autres substances suscitent aujourd’hui une observation nouvelle dans le cadre du projet Aqah, comme les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylée) ou les microplastiques. Utilisés dans de nombreux produits du quotidien ou issus de la dégradation de matériaux, ils sont déjà identifiés dans différents milieux comme l’eau ou les sols, et font désormais l’objet de travaux pour mieux comprendre leur présence dans l’air. Leur détection reste complexe et les connaissances encore limitées, mais leur persistance et leurs impacts sur l’environnement et la santé    en font des sujets d’étude en développement.  

AQAH : mieux comprendre les polluants d’intérêt

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Le projet AQAH, porté par Atmo Hauts-de-France et ses partenaires est cofinancé par la Région Hauts-de-France et l’Union européenne (Fonds européen de développement régional), vise dans un premier temps à approfondir la connaissance des polluants d’intérêt dans l’air extérieur. Dans un second temps, il s’agira de communiquer sur ces résultats et de mobiliser les acteurs locaux de manière innovante afin d’élaborer, pour chaque territoire pilote, des feuilles de route visant à limiter les émissions et à réduire l’exposition des populations. 

AQAH retrace la trajectoire de la qualité de l’air depuis 1990, en intégrant l’étude de polluants émergents tels que les PFAS, microplastiques, pesticides et particules ultrafines. Huit points de mesure répartis sur les 7 territoires permettent de cartographier précisément les sources et les évolutions de ces polluants dans différents environnements : urbain, rural, industriel, portuaire et aéroportuaire.

Le projet s’appuie sur des outils participatifs et culturels : ateliers immersifs, interventions dans les centres sociaux, actions artistiques et outils numériques interactifs. Ces initiatives visent à rendre la science accessible à tous et à favoriser le dialogue local autour des enjeux air-santé.

Sur la base des données et des échanges, AQAH passe à l’action : les collectivités, acteurs économiques et associations testent et évaluent des solutions concrètes pour réduire les émissions et l’exposition aux polluants. Ces expérimentations locales ont vocation à être reproductibles et partagées à l’échelle régionale.

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 AQAH contribue à renforcer la compréhension de la qualité de l’air en développant des mesures dédiées et en s’appuyant sur les études déjà menées, le projet permet de mieux caractériser des polluants encore peu documentés et d’apporter des éléments objectifs pour orienter l’action des territoires. 

C’est cette approche progressive « mieux comprendre, mieux agir » qui permet, à terme, d’éclairer les décisions publiques, les différents acteurs locaux et d’adapter les actions aux réalités du terrain. 

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