Polluants émergents : un enjeu majeur pour la qualité de l’air

Publié le 13 mars 2026 - Mis à jour le

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Sans que nous nous en rendions compte, l’air qui nous entoure évolue. Nous connaissons tous les particules fines, le dioxyde d’azote ou l’ozone. Mais depuis quelques années, les chercheurs observent l’apparition, ou l'augmentation, de substances beaucoup plus discrètes : les polluants émergents. Invisibles, souvent non réglementés, parfois difficiles à mesurer, ils sont aujourd’hui au cœur de nouveaux enjeux sanitaires et environnementaux.

C’est précisément pour mieux comprendre cette pollution d’un nouveau type que le projet AQAH a été lancé : un programme ambitieux de surveillance et d’analyse qui place la région à l’avant-garde

Des polluants qui font désormais partie du quotidien 

Les polluants émergents regroupent des substances dont la présence augmente dans l’air extérieur, dont les effets sont encore mal connus, et qui n’entrent pas toujours dans les réglementations actuelles. Ils proviennent de nombreuses activités courantes : circulation routière, agriculture, activités industrielles, chauffage au bois, chantiers, émissions naturelles des plantes, et même de certains matériaux ou produits utilisés au quotidien.

Ils ne sont donc pas forcément « nouveaux », mais nos connaissances progressent et révèlent leur importance dans la qualité de l’air.

Concrètement, où les retrouve-t-on ? 

Même si on ne les voit pas, les polluants émergents sont présents dans de nombreuses situations de la vie quotidienne : 

  • Le long des routes et boulevards
    Les véhicules émettent des particules ultrafines, issues de la combustion mais aussi de l’usure des freins, pneus et moteurs. Ces particules, 100 fois plus petites que les PM2,5, peuvent pénétrer profondément dans l’organisme.
  • À proximité des zones agricoles
    Lors des périodes d’épandage, des pesticides atmosphériques peuvent se disperser dans l’air et parcourir plusieurs kilomètres selon le vent et la météo.
  • En hiver, dans les quartiers chauffés au bois
    Un appareil ancien ou mal entretenu peut émettre des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des particules ultrafines ou d’autres polluants issus de combustions incomplètes.
  • Autour des industries
    Certaines activités libèrent des COV non réglementés, des particules très fines ou des substances  spécifiques encore mal documentées.
  • Près des chantiers
    Sciage, ponçage, solvants, peintures : ces activités génèrent des poussières et COV qui contribuent à la pollution de l’air extérieur.
  • Dans l’environnement urbain
    Des polluants comme les PFAS (dites « substances éternelles »), les muscs synthétiques ou certains résidus de médicaments sont identifiés ponctuellement dans l’air via des campagnes de mesure.
  • Chez soi 
    L’air intérieur peut être dégradé par les émissions des matériaux et meubles neufs, par les produits ménagers, les parfums d’ambiance ou les activités de bricolage. La cuisson, le chauffage au bois ou les appareils à combustion génèrent aussi des particules et du monoxyde de carbone lorsqu’ils sont mal ventilés. Par ailleurs, des retardateurs de flamme présents dans certains meubles ou appareils électroniques peuvent se retrouver sous forme de résidus dans la poussière domestique.

Pourquoi s’y intéresser ? 

Ces polluants peuvent agir à de très faibles concentrations, circuler entre les milieux (air, eau, sol) et présenter des effets encore partiellement connus. Par ailleurs, ils ne sont pas toujours intégrés dans les dispositifs de surveillance traditionnels. Désormais, les progrès scientifiques permettent de détecter des substances autrefois indétectables, permettant de renforcer leur surveillance. Une surveillance qui reste toutefois complexe : les substances sont nombreuses et variées, les normes réglementaires encore limitées, et les méthodes d’analyse parfois coûteuses ou expérimentales. De plus, leurs concentrations varient selon la météo, les saisons et les activités humaines.

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Comment réduire notre exposition dehors ? 
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Bien que nous ne puissions pas tout contrôler, des petites habitudes peuvent faire une grande différence : 

  • Éviter les grands axes routiers pour les trajets à pied ou à vélo,
  • Privilégier des itinéraires en retrait pour les enfants,
  • Entretenir son chauffage au bois,
  • Éviter les brûlages de déchets végétaux,
  • Pratiquer les activités sportives en-dehors des heures de pointe
  • Des habitudes simples, mais qui contribuent efficacement à la protection de la santé. 

Les réglementations évoluent et intègrent progressivement ces nouvelles substances. Le projet AQAH contribue à poursuivre cette dynamique, en éclairant les décisions publiques grâce à une connaissance fine et actualisée de l’air extérieur.

AQAH : un projet régional pour éclairer ces nouveaux enjeux 

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Pour répondre à ces défis, Atmo Hauts-de-France et ses partenaires ont lancé AQAH, un projet cofinancé par la Région Hauts-de-France et l’Union Européenne (Fonds européen de développement régional), destiné à améliorer considérablement la connaissance des polluants émergents dans l’air extérieur.

AQAH retrace la trajectoire de la qualité de l’air depuis 1990, en intégrant l’étude de polluants émergents tels que les PFAS, microplastiques, pesticides et particules ultrafines. Huit points de mesure répartis sur les 7 territoires permettent de cartographier précisément les sources et les évolutions de ces polluants dans différents environnements : urbain, rural, industriel, portuaire et aéroportuaire.

Le projet s’appuie sur des outils participatifs et culturels : ateliers immersifs, interventions dans les centres sociaux, actions artistiques et outils numériques interactifs. Ces initiatives visent à rendre la science accessible à tous et à favoriser le dialogue local autour des enjeux air-santé.

Sur la base des données et des échanges, AQAH passe à l’action : les collectivités, acteurs économiques et associations testent et évaluent des solutions concrètes pour réduire les émissions et l’exposition aux polluants. Ces expérimentations locales ont vocation à être reproductibles et partagées à l’échelle régionale.

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Le saviez-vous ?
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Des polluants invisibles… mais bien présents dans l’air extérieur 

  • Les particules ultrafines peuvent traverser la barrière pulmonaire en raison de leur taille microscopique. 

  • Lors d’un épandage, certains pesticides peuvent voyager jusqu’à plusieurs kilomètres.

  • Les PFAS, surnommés “polluants éternels”, persistent très longtemps dans l’environnement

  •  Les plantes émettent naturellement des COV biogéniques, qui peuvent contribuer à la formation  d’ozone.

  • Le chauffage au bois ancien, ou mal pratiqué émet jusqu’à 10 fois plus de particules qu’un appareil moderne performant. 

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