Qualité de l’air et santé : ce que révèle le bilan 2025 en Hauts-de-France

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Publié le 5 mars 2026

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En ce mois de mars, Atmo Hauts-de-France présente le bilan de la qualité de l'air de l'année 2025, avec une analyse des niveaux de polluants, de l'exposition de la population à la pollution, et un retour sur la saison pollinique.

Un enjeu majeur de santé publique 

La pollution de l’air reste aujourd’hui l’un des principaux déterminants environnementaux de la santé. En France, elle constitue la 3ᵉ cause de mortalité, après l’alcool et le tabac. En Hauts-de-France, territoire dense et historiquement industrialisé, ses effets sur la santé humaine, animale et végétale sont particulièrement surveillés. 

Le bilan régional de la qualité de l’air 2025 d’Atmo Hauts-de-France, confirme une réalité contrastée : si les niveaux de nombreux polluants ont globalement diminué au cours des dernières décennies, l’exposition chronique de la population demeure préoccupante. 

Tendances 2025 : une amélioration de fond, mais une année plus contrastée

En 2025, le bilan de la qualité de l’air en Hauts-de-France confirme les progrès engagés depuis une décennie. Toutefois, l’année marque un ralentissement de la dynamique d’amélioration observée ces dernières années et met en évidence une situation plus fragile qu’en 2024.

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Evolutions des concentrations de dioxyde d'azote et de particules PM2.5 depuis 10 et 5 ans en Hauts-de-France.
Image : Atmo Hauts-de-France

Découvrez le bilan de la qualité de l'air 2025

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Bilan de la qualité de l'air 2025
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Carte de répartition des épisodes de pollution en Hauts-de-France en 2025.
Source : Atmo Hauts-de-France

Des épisodes de pollution en hausse après deux années atypiques

L’année 2025 a enregistré 15 jours d’épisodes de pollution, un niveau comparable à la période 2021-2022 (12 à 23 jours), après les minima observés en 2023 et 2024.

Cette évolution marque la fin d’une parenthèse météorologique favorable. En 2024, les conditions particulièrement dispersives (pluie, vent, hiver doux) avaient permis d’atteindre les niveaux de concentrations les plus bas observés depuis 2020. À l’inverse, 2025 a été marquée par un hiver froid et sec, favorisant à la fois le recours au chauffage – notamment au bois – et l’accumulation des polluants dans l’atmosphère.

On note également :

  • le retour d’épisodes liés au dioxyde de soufre (SO₂) ;
  • une diminution des épisodes d’ozone (O₃), malgré une hausse des niveaux de fond de ce polluant.

 

L’exposition aiguë des populations, quand l’air devient un risque à court terme

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La pollution de l’air agit à court et à long terme. Les expositions aiguës, lors des épisodes de pollution, peuvent provoquer des symptômes immédiats : irritations des voies respiratoires, crises d’asthme, maux de tête ou difficultés respiratoires.

En 2025, 15 jours d’épisodes de pollution ont été recensés en Hauts-de-France, contre seulement 3 en 2024, en raison de conditions météorologiques moins favorables à la dispersion des polluants. 

Mais ce sont surtout les expositions chroniques, liées à la pollution de fond respirée au quotidien, qui pèsent le plus lourdement sur la santé. Elles contribuent au développement de maladies respiratoires, cardiovasculaires, métaboliques et neurologiques, et réduisent l’espérance de vie en bonne santé. 

Une amélioration sur 10 ans, mais un ralentissement récent

Sur le long terme, la tendance reste positive.

Entre 2015 et 2025 :

  • les concentrations de dioxyde d’azote (NO₂) ont diminué de 36 % ;
  • celles des particules fines PM₂.₅ ont baissé de 18 %.

Cependant, l’analyse des cinq dernières années (2021-2025) montre un net ralentissement :

  • le NO₂ poursuit sa baisse, mais à un rythme plus modéré (-16 %) ;
  • les concentrations de PM₂.₅ apparaissent globalement stables.

Ces données interrogent : atteignons-nous un plancher des concentrations en particules fines dans la région ? Cette stagnation souligne la nécessité de poursuivre et renforcer les actions engagées.

    Exposition chronique : quand la qualité de l’air au quotidien devient un enjeu de santé publique

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    L’exposition chronique à la pollution atmosphérique correspond à une exposition de longue durée à des niveaux de pollution ambiants. Contrairement aux épisodes de pollution, visibles et médiatisés, elle reflète l’air que nous respirons chaque jour, même en l’absence d’alerte. Elle est directement liée aux indices journaliers de qualité de l’air, calculés et diffusés quotidiennement.

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    Répartition des indices Atmo journaliers en Hauts-de-France en 2025

    Les indices de qualité de l'air : un baromètre de notre exposition

    L’indice Atmo informe chaque jour sur la qualité de l’air à l’échelle communale, à partir de la prévision de cinq polluants réglementés. Il qualifie l’air selon six niveaux, de “bon” à “extrêmement mauvais”.

    En 2025, la majorité des journées en Hauts-de-France se situent dans les catégories “moyen” à “dégradé”, avec un nombre non négligeable de jours classés “mauvais” voire “très mauvais”.

    Il est important de souligner qu’il peut exister un écart entre le nombre d’épisodes de pollution officiellement déclenchés et le nombre de journées avec un indice dégradé.

    En effet :

    • les épisodes sont déclenchés à l’échelle départementale ;
    • l’indice est calculé à l’échelle communale ;
    • certains polluants, comme les particules PM₂,₅, peuvent influencer fortement l’indice, mais ne sont pas incluses dans le dispositif préfectoral de déclenchement d'épisode de pollution.

    Voir l'infographie "Différences entre indice de l'air et épisode de pollution"   >

    Ainsi, même en dehors des périodes d’alerte, une exposition répétée à des indices dégradés peut avoir des conséquences sanitaires. 

    Lire l'interview du Dr Alexandre Gaudet, médecin réanimateur au CHU de Lille   >

    Une amélioration insuffisante face aux enjeux sanitaires 

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    Même si les risques individuels liés à la pollution de l’air sont inférieurs à ceux du tabac ou de l’alcool, le nombre très élevé de personnes exposées en fait un enjeu majeur de santé publique. Le bilan 2025 montre que les nouveaux seuils européens prévus pour 2030 pourraient placer à nouveau certains territoires régionaux en situation de dépassement. 

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    Schéma des effets de la pollution sur la santé

    Bilan pollinique 2025 : une saison marquée par une forte pression

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    En 2025, la saison pollinique en Hauts-de-France s’est distinguée par une intensité notable. Avec 33 286 grains/m³ comptabilisés, l’année se classe au 4ᵉ rang des dix dernières années en termes de quantité de pollens mesurés. La pollinisation des arbres s’est étendue de janvier à mai, avant de laisser place aux herbacées et aux graminées jusqu’à la fin de l’été.
     
    Les urticacées, les graminées et les cupressacées figurent parmi les espèces les plus émettrices en 2025. Si les urticacées sont surtout irritantes, les graminées présentent un fort potentiel allergisant, avec des impacts significatifs sur la santé respiratoire. Le bouleau et les graminées ont particulièrement marqué la saison, avec des périodes de pollinisation étendues au printemps et en été.

    Lire l'interview du Dr Béatrice Benabes, médecin allergologue   >

    Dans un contexte où la pollution atmosphérique peut accentuer l’effet allergisant des pollens, ce bilan 2025 rappelle l’importance d’un suivi renforcé et d’une information accessible aux habitants. Le nouvel indice pollen déployé en 2025 constitue à ce titre un outil précieux pour mieux anticiper les risques et adapter les comportements au quotidien.
     

    Découvrez le bilan de la qualité de l'air 2025

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